Table ronde sur l’inclusion sociale : la vidéo

21 Fév

POUR VOIR LA VIDEO, CLIQUEZ ICI : http://www.dailymotion.com/embed/video/xovxbf
ENARBELGIUM par InstantsProductions

Reportage le monde ne tourne pas rom

12 Jan

En attendant le rapport final, voici un reportage sur « l’Europe des Roms » réalisé par Patrick Séverin et Maxime Amoranitis (les deux field officers du projet ENAR).

Dès le 20 janvier, Le monde ne tourne pas Rom sera présenté à La Maison du Livre de Bruxelles dans le cadre de leur grande exposition : « Tsiganes, Roms, Gitans, Gens du voyage : entre mythes et réalités »

http://lemondenetournepasrom.com/

 

 

ENAR Relais Belgique vous souhaite une bonne année 2012

3 Jan

Stop Labeling Yourself : Offre de formation à la diversité au niveau européen.

21 Déc

Stop Labeling Yourself est une formation à la diversité pour jeunes entre 18 et 35 ans qui se tiendra à Vidrike, dans le sud de l’Estonie, entre le 23 janvier et le 1er février 2012. Elle réunira 22 jeunes issus de 11 pays européens. Des jeunes qui travaillent avec d’autres jeunes ou qui tendent à devenir des leaders au sein de leur génération.

 

On recherche d’ici la fin décembre des participants belges, capables de s’exprimer en anglais, dont le profil correspond au descriptif ci-joint.
Pour info : 70 % des frais de transport sont remboursés aux participants.

Veuillez-trouver ici le formulaire d’inscription et le descriptif :

Application form

stop labeling yourself

Envoyez vos formulaires à l’adresse suivante au plus vite : pseverin@instantsproductions.be

Ne tardez pas !

Voir ci dessous un exemple de ce type de formation :

http://www.dailymotion.com/video/xkvkgv_take-your-chance-be-the-change-vf_webcam

ENAR Belgique : Table ronde sur l’inclusion sociale le lundi 19 décembre à Liège.

9 Déc

En cette fin d’année, ENAR Belgique vous invite à sa table ronde.

Cette fois-ci, c’est l’inclusion sociale qui fera l’objet de notre attention avec des questions clés : quels en sont les enjeux? les bonnes pratiques? les perspectives?

Le rendez-vous aura lieu à l’IRFAM (Rue Agimont, 17 4000 Liège) , le lundi 19 décembre de 13h30 à 17h30.

Inscriptions par courriel: maxime.enar@gmail.com ou par téléphone: 042214989

L’Afrique en Livres et son café littéraire: un projet reliant littérature et diversité!

7 Déc

Une petite parenthèse pour mettre en valeur une initiative qui vient s’inscrire dans la lignée du projet ENAR…

Une démarche encourageante qui va dans le sens de la « pro-diversité » et qui est bien entendu saluée par ENAR Belgique.

ENAR Belgique: la deuxième phase du projet clôturée.

7 Déc

Après plusieurs mois de rencontres, de réunions et  d’entretiens, le projet ENAR Belgique vient de clôturer sa deuxième étape. La récolte des données s’est terminée sur deux entretiens collectifs (focus group). Ces focus groups se sont avérés être d’une grande efficacité pour développer des arguments en faveur de la posture « pro-diversité ».

Le projet ENAR Belgique achève la récolte des données par deux entretiens collectifs sur la "pro-diversité".

ENAR Belgique tient à remercier toutes les personnes et organisations qui sont venues enrichir ce projet par leur témoignage, leur expérience, leur pratique et surtout par leurs idées.

Grâce à vous, nous sommes aujourd’hui en contact avec 40 associations et plus de 60 personnes à travers la Wallonie, mais aussi Bruxelles et Anvers.

La suite des évènements sera bientôt disponible sur le blog…

Verviers: plusieurs pistes pour appréhender la discrimination.

4 Nov

Verviers, mercredi 19 octobre, la réunion d’information du projet ENAR réunissait plus d’une dizaine de personnes. Le Centre Régional de Verviers pour l’Intégration (CRVI) accueillait cette première rencontre dans ses locaux. Parmi les organisations et structures représentées, on comptait : l’asbl Aide à l’Éducation pour l’Afrique (AEDAF), l’asbl Essalem, l’asbl Les Amis du monde entier, le Centre Culturel Éducatif Somalien (CCES), l’UVERAFS, l’asbl Action Langues ainsi que le service des relations interculturelles de la ville de Verviers et le CRVI.

Après avoir pris connaissance du projet, Nadia Loukia et Farid Nagui énonçaient une série d’initiatives similaires déjà en cours. « A travers le PLI (Plan Local d’Intégration), une plateforme similaire incluant la Ville, les communes et les associations a été lancée. Il s’agit de faire un état des lieux de la diversité et de l’intégration dans différents domaines comme l’accueil, l’apprentissage du français, le logement, les Roms,… », expliquait le coordinateur de projet au CRVI.

Mercredi 19 octobre, la réunion d’information du projet ENAR réunissait plus d’une dizaine de personnes au CRVI.

Initiatives vervietoises…

Pour Nadia Loukia du service des relations interculturelles, « L’impact positif de l’approche pro-diversité est intéressant sans toutefois nier l’existence de la lutte contre la discrimination qui est tout aussi utile. Des synergies sont possibles. Toutefois, il est important de souligner les avancées notamment au niveau de la ville. La création du service des relations interculturelles est une preuve d’évolution ».

Deux projets ont été mis en place. D’une part, la fête de « Verviers en couleurs » avec le but de montrer les richesses de la diversité à travers des évènements culinaires culturels, sportifs et festifs. D’autre part, l’initiative « Fiers de nos couleurs » qui consistait à afficher d’immenses panneaux reprenant des photos de Verviétois d’origines différentes avec leur nom et leur profession.

Appréhender la discrimination

Hajib El Hajjaji, administrateur du CRVI et de l’asbl Essalem manifestait un intérêt pour la démarche à condition qu’il y ait une focalisation sur la discrimination. Selon lui, « la discrimination est un vecteur premier d’une douleur profonde. Il faut prendre en compte l’importance du vécu. Ensuite, il faut aborder de front les discriminations dans différents domaines : à l’emploi, au logement, à l’accès aux loisirs».

« Il y a vraiment des victimes [de la discrimination].  Quand on essaie de le dire, on se trouve face à un mur. Il y a un rapport de force. Il n’y a pas l’acceptation mais le sentiment de discrimination reste. Comment mettre en place quelque chose ? », constatait Zeka Sizo de l’asbl Les Amis du monde entier.

Hajib El Hajjaji  constatait qu’il y a 5 ou 10 ans, on ne prenait pas de fond le problème de la discrimination à Verviers. Aujourd’hui, on reconnait qu’il y a des actes de discrimination mais cela se limite à un constat. Le Centre pour l’égalité des chances (antenne locale) en est la preuve. Avant, il n’y avait aucune action envers les personnes concernées par la discrimination et ces dernières n’étaient même pas informées de l’existence du service. La proposition d’être proactif a été faite (c’est-à-dire informer, aller à la rencontre des publics cibles lorsqu’il n’y a pas de rendez-vous pris à l’antenne). Aujourd’hui, la personne se déplace uniquement sur rendez-vous.

L’importance de sortir du clivage belge/étranger a également été pointé du doigt par Hajib El Hajjaji. « Il y a de la discrimination entre les étrangers aussi. Attention également  à la victimisation des personnes qui vivent ces discriminations », ajoutait-il.

Besoin d’indicateurs, de statistiques

La Belgique possède un puissant arsenal juridique en matière de lutte contre les discriminations mais celui-ci se révèle peu efficace en pratique. Il est très difficile d’apporter une preuve de discrimination ! Il semble d’autant difficile de porter plainte. Ce constat était partagé par Jacqueline Gilbert d’Actions Langues asbl qui donnait une piste d’explication : « On aborde le sujet en table de conversation, mais même si des personnes sont discriminées, elles ne vont pas parler car elles ne sont  peut-être pas en ordre de papier. Si elles le sont, elles se taisent tout autant. Dès lors, une série de problèmes ne vont jamais surgir ».

Le besoin de statistiques rigoureuses et d’un monitoring par secteur d’activité ressortaient de la discussion. « Quels indicateurs pour montrer ses discriminations existent-ils déjà ? » lançait l’administrateur de l’asbl Essalem. « Dans le cadre de l’emploi, comment savoir si l’on est discriminé ? », enchaînait Abdiaziz Samantar de l’asbl CCES.

Malik Ben Achour, échevin des relations interculturelles et directeur du CRVI évoquait un système de testing pour l’emploi : « Si 5 personnes se présentent à un employeur ou dans un bureau de recrutement et qu’elles ont les mêmes qualités hormis d’être de cultures, de couleurs différents.  Si systématiquement, il y a un refus d’un certain type de candidats, on peut présupposer une discrimination. »

« Le problème actuelle est l’absence de réels indicateurs en matière de discrimination lié à la nationalité, à l’origine, la religion, la prétendue race, … et cela au niveau national comme au Centre pour l’égalité des chances. Ce sont des discussions qui sont encore en cours et qui peinent à aboutir » remarquait Magali Ruttiens, étudiante en sociologie et stagiaire à l’IRFAM.

Hajib El Hajjaji  proposait l’idée d’imaginer un formulaire de discrimination sur base volontaire avec différentes catégories et une catégorie pour les personnes qui ne veulent pas être « catégorisées ».

Comment toucher les associations ? Comment mieux communiquer ?

Une autre question attirait l’attention : comment toucher les associations ? Comment mieux communiquer avec elles ?

« Pour la fête de quartier d’Hodimont, on a tenté d’impliquer les associations de migrants. On les a contactées par lettres remises en mains propres au moins 6 mois à l’avance. Au final, seules 6 associations ont répondues », constatait Malik Ben Achour. Nadia Loukia réagissait pour dire que le PLI rencontrait la même difficulté à toucher ses populations. « Parfois nous avons l’impression que certaines asbl de migrants sont des coquilles vides. Elles sont présentes juste comme un café, un snack alors qu’elles ont un statut d’asbl. Même s’il y a un travail sur le lien social, une asbl implique un travail de professionnel, d’aller chercher les subsides », expliquait Malik Ben Achour. De même, pour cette réunion, le secrétaire d’Essalem interrogeait : « Qu’en est-il des communautés tchétchènes, russophones, turques, etc. ? ».

« Les associations ne viennent pas parce qu’elles ne se sentent pas concernées mais parce qu’il y a aussi un impact de la crise sur les associations. Le rapport de la Fondation Roi Baudouin sur le thème[1] en est un témoignage. Les responsables sont souvent bénévoles et ne savent pas se libérer. La posture du migrant est en décalage. De plus certaines associations sont prises dans leurs difficultés propres comme la recherche d’un local », ajoutait Hijab El Hajjaji.

Pour Hajib El Hajjaji de l'asbl Essalem, la posture du migrant est en décalage.

Selon Zeka Sizo, « Les personnes attendent du concret. Le concret, c’est par l’ouverture d’un café ou encore à travers le football. Même si la discrimination touche tout le monde, ça n’intéresse pas tout le monde. C’est compliqué. Tout le monde ne doit pas être ici dans ce genre de réunion. Les délégués ici doivent être les représentants d’autres. » Pour Hijab El Hajjaji, « il existe aussi une solidarité communautaire d’autant plus forte qu’il n’y a pas d’État de droit. Pour les jeunes, créer une infrastructure de sport est fédérateur. C’est à travers des thématiques qui touchent tout le monde que l’on peut rassembler. Pas seulement à travers quelque chose qui touche la diversité mais aussi par exemple à travers l’école».

L’idée de faire du porte à porte et d’aller contacter personnellement certaines associations était alors survenue comme une solution. Apo Kikuni de l’UVERAFS asbl mentionnait que le CRVI était là pour ça. « Le département des initiatives locales du CRVI rencontre toutes les initiatives locales. On cherche à réinvestir le terrain en expliquant le soutien que l’on peut apporter et en voyant les besoins de celles-ci. Ce travail est prévu et de longue haleine », complétait Farid Nagui.

Besoin de prendre le discours sur les étrangers à contre-pied.

Que ça soit Essalem, ou Actions Langues, le discours « on n’en fait trop pour les étrangers » s’avérait être un obstacle. Selon Hijab El Hajjaji, ce type de discours prend des proportions de plus en plus grandes dans la société. Il est renforcé par l’existence du FIPI mais surtout par le contexte de la crise. Pour Jacqueline Gilbert, « c’est un discours fort qui pousse à l’isolement qui est tel que l’on a plus d’argument pour y répondre. Ce discours est présent même chez les personnes qui travaillent dans le milieu [avec les personnes étrangères] ».

Selon Jacqueline Gilbert d'ActionLangues asbl, le discours "on n'en fait trop pour les étrangers" est tel qu'on ne sait plus par quel argument répondre.

Hajib El Hajjaji mettait l’accent sur le fait que ce discours se propageait beaucoup à travers la toile. Il employait le concept de « cyberhaine » et évoquait plusieurs exemples de fausses informations circulant sur internet. Par exemple, l’idée que tout marocain qui achète une maison a un soutien d’une banque marocaine…ou encore qu’une femme voilée reçoit 100 euros de l’Iran pour le porter.

Malik Ben Achour trouvait intéressant le fait de développer un contre argumentaire face à cette « cyberhaine » devenue de plus en plus massive. Nadia Loukia décrivait l’exemple d’une campagne intitulée « fuck discrimination » menée à Verviers en 2010 : «On a par ce moyen questionné la différence entre la représentation des personnes et la réalité sur par exemple le pourcentage de personnes étrangères, la nationalité la plus représentée, etc. », concluait-elle.

Bien que cette campagne se soit déroulée avec un certain succès, les effets de celle-ci restent difficiles à estimer. Ceci dit les actions d’ouverture à la diversité culturelle sur la Ville de Verviers ne manquent pas. Plusieurs projets sont actuellement en cours comme le projet Yambi (Afrique)  et le projet Massarat (Palestine). Malik Ben Achour mettait également en garde contre le risque d’exotisation d’une telle démarche où on ne montrait que le côté folklorique des cultures.

Mot de la fin – quelle plus-value pour notre initiative ?

Pour l’asbl Essalem, « cette démarche peut permettre la comparaison entre les différentes villes. Mais également se demander où en est-on au niveau européen ? Il serait important de faire un focus sur la discrimination religieuse. Comment quelqu’un est discriminé parce qu’il s’appelle Mohamed et/ou porte une barbe ou encore une fille qui porte le foulard. Il y a là la question de la sécularisation, de la séparation entre l’espace public et privé mais aussi le problème au niveau du travail avec la question des -accommodements raisonnables -».

L’asbl Les Amis du monde entier, se montrait également intéressée par la démarche mais à conditions que le contact entre ENAR Belgique et les associations soient plus fréquents qu’auparavant. « Il y a le besoin de diffuser l’information », concluait Zeka Sizo. Le CRVI attirait, de son côté, l’attention sur le fait que l’initiative devait venir s’inscrire comme une plus-value et viser une thématique transversale.

Abdiaziz Samantar manifestait son intérêt de se focaliser sur la discrimination religieuse. Il souhaitait également que le rapport soit concerté, alors que Malik Ben Achour conseillait de classer les recommandations du rapport final en fonction des acteurs.

En ce qui concerne ENAR Belgique, cette quatrième réunion d’information nous permettait d’augmenter notre compréhension des enjeux du paysage interculturel vervietois et de constater une fois de plus que la réalité des Centres Regionaux, des villes et des associations de migrants sont complètement différentes en fonction des localités.

Charleroi: Les associations de migrants…dynamique ou dynamite?

24 Oct

Ce mercredi 5 octobre, le Centre Universitaire de Charleroi asbl accueillait dans ses locaux une quinzaine de personnes venues assister à la réunion d’information du projet ENAR Belgique. Parmi les associations on comptait: ALLJuste asbl, CUNIC asbl, JCL asbl, FADD asbl et l’Afrique en Livres

Charleroi, mercredi 5 Octobre, une quinzaine de participants assistaient à la réunion d'information du projet ENAR Belgique.

D’emblée une question importante s’imposait : quel est l’effet du projet ? Pourquoi est-il coordonné par trois acteurs ?

« Aujourd’hui, les politiques d’immigration sont décidées au niveau européen. Comment les influencer ? Seul, on ne peut faire face. Ce fut l’idée d’une création d’un réseau européen qui devient de plus en plus incontournable car il est consulté à chaque fois pour la détermination de ces politiques. Or, les directives ont vocation à être appliquées au niveau national. Ce réseau a un ancrage dans 29 pays. Cela donne un poids à notre voix et l’on devient un interlocuteur », expliquait Spyros Amoranitis directeur de l’IRFAM.

Après avoir pris connaissance du projet, les acteurs présents se montraient intéressés par la méthodologie. Esperanza Ruiz, co-responsable du projet Globe starter au CUNIC enchaînait :
« L’esprit actuel à Charleroi est en pleine évolution à tous les niveaux. C’est positif, à commencer par ici avec cet espace collectif de parole. Penser les migrations et la mobilité d’un point de vue positif est une opportunité pour l’Europe. »

Besoin de travailler en réseau

Le besoin de constituer une plateforme, un réseau était avancé dès le premier tour de table. Gloria Gomez Matos, stagiaire au CUNIC dans le but d’un jour former une asbl constatait : « Les petites associations de migrants ont besoin d’appui pour ne pas s’isoler. Elles ont besoin de travailler en réseau. La méthodologie proposée a beaucoup a nous apporté et nous y contribuons également en y amenant des choses. »

Selon Mouad Ahamjin de l’asbl FADD, le rôle des associations de migrants est central dans le débat sur la discrimination. C’est d’ailleurs en créant un esprit de solidarité, un lien horizontal et non vertical avec l’Etat que les choses peuvent changer.

Lien horizontal entre les associations : solidarité ou discrimination ?

A cette idée intéressante de mise en réseau venait s’ajouter un obstacle. Plus précisément, le fait que les relations entre les migrants se caractérisaient parfois par des conflits.
« En fonction des nouvelles générations, on remarque que des tensions naissent entre les migrants eux-mêmes, que ça soit entre les différentes religions ou entre différents courants d’une même religion. », poursuivait Mouad Ahamjin.

Mununga N’zola (asbl JCL) pensait qu’il était normal d’aller vers quelque chose de déjà connu. Selon, elle : « Étant congolaise, je vais plus facilement me confier à une personne congolaise avec laquelle je partage une même langue, une même histoire. L’acceptation est difficile aussi entre les associations. La mise en place d’une coopération positive pour partager les expériences entre associations est à envisager.»

Les discriminations entre les migrants étaient une fois de plus au menu du jour. Geneviève Rochez, responsable de formation au CUNIC ajoutait : « La discrimination est vue d’une façon très manichéenne. En fait, elle est beaucoup plus complexe car il est aussi possible de se faire discriminer en tant que – bon belge -je dirais que la discrimination horizontale est plus féroce et déjà catastrophique ». Ces constatations débouchaient sur l’idée revenue à plusieurs reprises : la discrimination devient de plus en plus insidieuse. « A Charleroi, c’est un gros boulet que l’on tire. Les premières générations de migrants sont résistantes aux autres. Il faut relier les autochtones et les migrants », ajoutait-elle.

Pour Geneviève Rochez, la discrimination est vue de façon très manichéenne. Or, la réalité est bien plus complexe.

Cette réflexion suscitait une question : Comment ces tensions intergénérationnelles ou intergroupes peuvent-elles être renversées en lien de solidarité ?

Être pour est déjà quelque chose de fédérateur ! Toutes les personnes présentes s’entendaient sur cette phrase. Guillaume Lobé de l’asbl L’Afrique en livres, saluait particulièrement la posture « pro-diversité » proposée dans le projet ENAR Belgique. « En tant qu’acteur de terrain, j’apprécie énormément la démarche car le racisme se tarit dans l’obscurité. Il ne se voit pas, se prouve difficilement. Par contre, la diversité, elle se voit ! C’est facile de la compter comme ici dans cette pièce ! »

Mettre fin à l’auto-discrimination

Guillaume Lobé pointait du doigt un nouvel obstacle : « Il faut que les migrants prennent leurs responsabilités. Leurs actions peuvent être positives. En tant que responsable d’association, on se discrimine parfois nous-mêmes, on se victimise nous-mêmes. On se dit que ça ne sert à rien de remplir tel appel à projet. Ainsi, on n’y répond même plus…Il faut arrêter de s’auto-discriminer.»

Selon Guillaume Lobé, les migrants doivent prendre leurs responsabilités et arrêter de s'auto-discriminer.

Selon Guillaume Lobé, les migrants doivent prendre leurs responsabilités et arrêter de s'auto-discriminer.


« Ne pas s’auto-discriminer, c’est ne pas oublier ses compétences mais c’est aussi s’ouvrir à l’autre.», expliquait Sandra Amédou de l’asbl FADD. Développer des actions positives en ouvrant sa culture à l’autre s’avérait être l’une des clés pour lutter contre la méconnaissance et la peur engendrant l’exclusion. « Ce qui nous intéresse dans ce projet, ce n’est pas la discrimination en elle-même, ce sont ces effets, et en l’occurrence l’exclusion qui en découle », rappelait Spyros Amoranitis.

Besoin de travailler sur l’éducation

« La réalité, on la vit mais on ne l’analyse pas. On en parle parfois, on en rit mais après rien ne se met en place », mentionnait Michel Kabeya. «Il n’y a pas de preuve tangible pour prouver le racisme. Le réel travail doit être fait au niveau de l’éducation. Il faudrait sensibiliser l’autre au fait que l’immigré n’est pas un réel danger! », ajoutait Mununga N’Zola de l’asbl JCL.

Pourquoi ne pas faire un inventaire des méthodologies et des supports de sensibilisation ? S’ouvrir à l’autre ne s’avérait pas être si facile. Développer une base de données, sortir de son réseau quotidien, cela prendrait du temps… Geneviève Rochez exprimait son désir de reconnecter les initiatives de migrants entre elles.

Quelles sont les pratiques qui existent déjà ? L’Afrique en Livres asbl proposait déjà du concret avec l’organisation d’un café littéraire sur des auteurs africains abordant des thématiques comme l’immigration ou la discrimination.

Ce premier échange était en somme très positif, le projet était une fois de plus accueilli de manière favorable et s’inscrivait dans les mêmes objectifs que les associations présentes telles que FADD, L’Afrique en Livres, etc. La majorité des acteurs ont donc manifesté de l’enthousiasme pour la suite, ouvrant ainsi la voie chez les carolos’… Cap maintenant sur la ville de Verviers.

D’ici là, n’attendons pas seulement mais relayons l’information…

Mons : Les enfants des migrants sont-ils la clef ? Comment les impliquer davantage ?

6 Oct

Ce jeudi 29 septembre des acteurs concernés par les questions de diversité et d’interculturel se sont réunies au CIMB – Centre d’Intégration de Mons-Borinage. Autour de la table, étaient présents ENAR Relais Belgique, l’Association interculturelle belgo-marocaine, l’Association Belgique- Burundi, l’ASBL Les ailes du phoenix, l’ASBL SERCOM ainsi que le coordinateur de projets et le responsable de projets-formations du CIMB.

L’association de la pensée d’Atatürk et l’asbl Partenariat Togo se sont excusées de leur absence et nous rejoindrons lors d’une prochaine table-ronde.

Ce jeudi 29 septembre, les locaux du CIMB accueillaient cinq acteurs de qualité.

Une expérience pro-diversité déjà entamée

Une fois la présentation du projet terminée, plusieurs acteurs ont directement manifesté leur enthousiasme pour une posture « pro-diversité ». Cette démarche serait d’ailleurs déjà appliquée localement de manière informelle à travers le travail des associations et du CIMB. « Ce dont on parle ici est déjà appliqué sur le terrain. Le Borinage, c’est une terre d’accueil depuis longtemps. Nous avons grandi dans ce contexte interculturel ! », explique Yvone Simeone, à la tête d’un projet en partenariat avec le CPAS de Mons pour intégrer la dimension culturelle dans la prise en charge des personnes âgées migrantes.

Le racisme présent… aussi entre migrants

Selon Christine Niyigena de l’asbl SERCOM, même si aux yeux du grand public les associations travaillent ensemble, la question du racisme persiste toujours et notamment dans les groupes de parole mensuels qu’elle anime où les femmes disent rencontrer ce phénomène au quotidien. Le racisme n’est pas en soi quelque chose de nouveau mais il évolue et se manifeste de façon différente en fonction des groupes. Quand les Africains sont arrivés, c’était la couleur de peau qui engendrait la discrimination alors que pour les italiens, c’était la non maitrise du français.
Comme évoqué lors de la réunion à Liège, les participants ont évoqué des tensions entre migrants eux-mêmes. Selon eux, les cultures sont devenues plus nationalistes et protectionnistes par rapport à avant où les échanges interculturels étaient plus nombreux. Par exemple, on avait coutume de se saluer dans la langue de l’autre.

L’idée d’une nouvelle rhétorique

Baghdad Tammatki rejoint cette idée en soulignant qu’on a tendance à combattre le racisme au lieu d’exploiter la diversité. Toutefois c’est un travail sur le long terme. Ainsi, il précise : « En tant que responsable d’association, il faut faire un pas vers l’autre ».

Selon Hüseyin Bozbiyik du CIMB, le terme "migrant" n'est pas adéquat pour parler des minorités historiques implantées dans le Borinage.

Hüseyin Bozbiyik du CIMB insiste sur le fait que certains termes doivent être changés. « Le terme migrant renvoie à une personne qui va un jour ou l’autre partir. Moi personnellement, ça fait longtemps que je suis ici et je ne compte pas repartir, affirme-t-il. Les mots doivent mieux correspondre à la réalité ». Selon lui, on devrait appréhender les migrants en termes de minorités, comme aux Etats-Unis par exemple. « Ici, on est face à des minorités historiques. Les décideurs politiques ont du mal à accepter que la Belgique est une terre d’immigration», enchaine-t-il. La proposition de faire évoluer la rhétorique tout en gardant une spécificité (belgo-marocain, belgo-turc, etc.) a été avancée. On peut également se demander si les mots ont le même sens dans chaque région. Par exemple, le terme « migrant » signifie-t-il exactement la même chose dans le Borinage et dans les autres coins de la Belgique ? 

 

Comment valoriser ces projets : Quel public ? Quels subsides ?

De son côté, Baghdad Tammatki de l’association interculturelle belgo-marocaine se demande pourquoi des gens développant moins d’activités que lui, arrivent à être subsidiés. Il pointe du doigt l’absence de personnes pour l’écouter et valoriser ses projets. « Le handicap, c’est la mise en valeur des projets », conclut-il. De plus, il aimerait lui-même être formé pour pouvoir améliorer son offre

Yves Defosse remet donc sur la table une idée déjà entendue lors de la première réunion à Liège : l’importance de la visibilité. Pour développer leur crédibilité, il est capital d’améliorer la visibilité des actions organisées par les migrants. Par ailleurs, la visibilité des appels à projets doit également augmenter. Parfois, les associations ne sont au courant d’opportunités qu’une fois la date de dépôt dépassée. D’autre part, il est primordial de toucher un public plus large, plus nombreux. Ce public n’est pas facilement accessible, il faut donc aller le chercher. Cela passe souvent par la nourriture ou la musique. Le problème des associations de migrants, c’est entre autre leurs réseaux qu’ils doivent élargir. Cela contribue à augmenter la visibilité.
Un autre fait évoqué est le manque d’activités diversifiées au sein des associations de migrants. En règle générale, les activités sont soit de nature à aider les plus jeunes, soit de nature festives. Yves Defosse explique qu’un grand nombre d’associations vivent ou vivotent avec des projets aléatoires (annuels) financés par un ou deux subsides. Ceux-ci sont la plupart du temps exceptionnels. L’année suivante, les associations n’ont plus rien. Pour la Région Wallonne, la somme à répartir est d’1 million d’euros (de Mouscron jusqu’à Verviers) et le budget reste identique alors que le nombre d’associations ne cesse d’augmenter. Jean-Marie Runda Mutombo et Yves Defosse précisaient qu’il était évident que les personnes ayant de l’argent à distribuer essayaient prioritairement de donner des moyens aux associations se démarquant des autres.
L’ambiguïté des exigences du FIPI (un projet qui fonctionne mais qu’il faut renouveler) est aussi un obstacle. Yves Defosse du CIMB notait que sur 35 organisations qui ont rentré projet FIPI, 6 ou 7 Assoc’ de migrants avaient rendu un dossier. Ainsi, il y a peu d’associations de migrants représentées. Au CIMB sur les 150 associations touchant à la thématique de l’interculturalité, 40 sont des associations de migrants. « Le FIPI aime voir une évolution pour allouer des budgets, mais quand un projet fonctionne, pourquoi faudrait-il le changer pour que ça passe mieux ? Comment un cours de Français-langue étrangère peut-il évoluer par exemple ? », complétait Monsieur Runda Mutombo
Le manque de retour pour les projets qui n’aboutissent pas était, comme lors de la réunion à Liège, une problématique importante. La non-justification du motif de refus empêchait les intéressés de rectifier leur projet à la prochaine échéance.« On nous coupe les budgets en deux sans nous dire pourquoi », expliquait Christine Niyigena de Sercom asbl. Yves Defosse a cependant précisé que la Région Wallonne semblait s’être améliorée et qu’il était théoriquement possible de voir le motif du refus au CIMB.

Comment sensibiliser les générations ultérieures ?

« Les premières générations de migrants sont venus pour travailler, les autres en profitent. Il y aura peut-être un changement quand les premières générations arrêteront leurs activités », lançait Jean-Marie Runda-Mutombo.
Pourquoi les deuxièmes et troisièmes générations ne s’impliquent-elles pas dans le monde associatif ? La situation est-elle déjà assez difficile pour ces jeunes ? Peut-être sont-ils préoccupés par la recherche d’emploi ? Ont-ils déjà du travail, ce qui ne leur laisserait pas le temps de s’investir dans les associations ? Ne serait-ce pourtant pas eux qui maitrisent le mieux le système ?

Pour Les ailes du phoenix asbl, les deuxièmes et troisièmes générations de migrants ne s’impliquent pas assez dans le monde associatif.

 

Perspectives…

Tous les acteurs présents se positionnent en faveur de cette posture « pro-diversité ». Le projet s’est avéré être intéressant, mais pour Yvonne Simeone, il est primordial d’y inviter certains acteurs clés aux prochaines réunions, comme des décideurs politiques par exemple. Jean-Marie Mutombo a évoqué l’idée d’impliquer le FIPI dans les réunions à venir et l’association interculturelle belgo-marocaine a manifesté un vif intérêt pour le projet. Ce n’est pas fini ! L’information continuera à tourner notamment via le CIMB qui informera les absents du contenu de la réunion.